Réunis à Dakar du 1er au 3 juillet 2026 à l’initiative de la Commission de l’Union africaine, plus de 120 experts, décideurs et partenaires techniques réfléchissent à une meilleure intégration des services climatiques dans les politiques publiques. L’objectif est de transformer les données météorologiques en véritables outils d’aide à la décision afin de renforcer la résilience des pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale face aux changements climatiques. Le dialogue politique sur l’intégration des services climatiques et le retour d’expérience sur le renforcement des capacités du programme ClimSA a débuté, le mercredi 1er juillet 2026 à Dakar (Sénégal). Organisée par la Commission de l’Union africaine à travers sa Direction de l’environnement durable et de l’économie bleue, cette rencontre de trois jours réunit plus de 120 experts, responsables politiques et partenaires techniques venus d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. L’objectif est clair : renforcer la place des services climatiques dans les politiques publiques afin que les informations météorologiques et climatiques deviennent de véritables outils d’aide à la décision dans les secteurs clés du développement. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont le Directeur de l’environnement durable et de l’économie bleue de la Commission de l’Union africaine, Harsen Nyambe, le Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) du Sénégal, Diaga Basse, la directrice du bureau régional de l’Organisation météorologique mondiale, Dr Marianne Diop Kane, ainsi que des représentants de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), de la CEDEAO, de la CEEAC et des Centres climatiques régionaux. Les données climatiques au cœur des politiques publiques En ouvrant l’atelier, le Directeur général de l’ANACIM, Diaga Basse, a rappelé que la multiplication des événements climatiques extrêmes impose un changement profond dans la manière de produire et d’utiliser les informations climatiques. Selon lui, les services météorologiques ne doivent plus se limiter à fournir des données scientifiques. Ils doivent produire des informations adaptées aux besoins des décideurs afin d’éclairer les politiques publiques, les investissements et les stratégies de développement. « Les services climatologiques ne doivent plus être considérés comme de simples outils scientifiques. Ils constituent désormais un véritable instrument de gouvernance, d’aide à la décision et d’investissement pour bâtir des économies résilientes », a-t-il déclaré. Pour y parvenir, il a plaidé pour un renforcement de la collaboration entre les services météorologiques, les ministères sectoriels, les collectivités territoriales, les chercheurs et les partenaires au développement. Une région confrontée à des risques climatiques croissants Les discussions interviennent dans un contexte marqué par une aggravation des effets du changement climatique sur le continent africain. Au Sahel, les températures augmentent environ 1,5 fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Les sécheresses récurrentes, les vagues de chaleur, les inondations, la désertification et la réduction spectaculaire de la superficie du lac Tchad illustrent l’ampleur des défis auxquels sont confrontés les pays de la région. Ces phénomènes affectent directement la sécurité alimentaire, les ressources en eau, la production d’énergie, les infrastructures, la santé publique ainsi que les moyens de subsistance de millions de personnes. Pourtant, malgré les investissements réalisés ces dernières années dans les infrastructures météorologiques et les systèmes d’observation, les informations climatiques restent encore insuffisamment intégrées dans les processus de décision. Elles sont peu utilisées dans la planification agricole, l’aménagement du territoire, la gestion des ressources en eau ou encore les dispositifs d’alerte et de gestion des catastrophes. Le programme ClimSA, un appui à la résilience climatique Financé par l’Union européenne et l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), le programme ClimSA vise à renforcer les capacités des pays africains à produire, diffuser et utiliser des services climatiques fiables. Le programme a notamment permis de moderniser les systèmes d’observation météorologique grâce au déploiement de stations automatiques PUMA 2025, d’améliorer la gestion des données climatiques et de renforcer les compétences des institutions nationales et régionales. Ces investissements soutiennent la mise en œuvre du Cadre mondial pour les services climatologiques et contribuent à améliorer la résilience des populations face aux effets des changements climatiques. Vers une gouvernance renforcée des services climatiques Pour Dr Mariane Diop Kane, représentante de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le développement de systèmes d’alerte précoce performants constitue une priorité pour protéger les populations et réduire les impacts des catastrophes naturelles. Elle a souligné que des services climatiques accessibles et de qualité permettent de passer d’une gestion des crises à une véritable culture de l’anticipation. Les participants examineront, durant ces trois jours, les mécanismes susceptibles de renforcer la gouvernance des services climatiques, d’améliorer les échanges de données et de favoriser leur intégration dans les politiques nationales de développement. Les travaux devraient déboucher sur une feuille de route couvrant la période 2026-2030. Celle-ci définira les actions prioritaires pour assurer la pérennité des acquis du programme ClimSA, renforcer la coopération entre les institutions régionales, notamment la CEDEAO et la CEEAC, et faire des services climatiques un levier essentiel de résilience et de développement durable en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Anderson AKUE Navigation de l’article Projet ACTIF : un atelier à Lomé pour évaluer les avancées à mi-parcours