Table officielle à l'ouverture

Réunis à Lomé du 9 au 11 juin 2026, les responsables des Services nationaux de protection des végétaux (SNPV) du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest planchent sur les stratégies à mettre en œuvre pour mieux prévenir et gérer les risques phytosanitaires qui menacent les productions agricoles de la région. Cette rencontre régionale, organisée par le CILSS à travers le Centre régional AGRHYMET, vise à renforcer la coopération entre les Etats face à la recrudescence des ravageurs des cultures et aux effets du changement climatique.

Un atelier régional de concertation technique réunissant les directeurs des Services nationaux de protection des végétaux des pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest s’est ouvert ce mardi 9 juin à Lomé. Organisée avec l’appui du Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires (PRSA/FSRP) financé par la Banque mondiale, cette rencontre de trois jours constitue une étape importante dans le renforcement des mécanismes régionaux de surveillance et d’alerte phytosanitaires.

Dr Martial Sy Traoré, représentant du Secrétaire exécutif du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), a rappelé l’urgence d’une réponse collective face aux défis qui pèsent sur les systèmes agricoles de la région.

Le changement climatique et les ravageurs, une double menace

Selon les responsables du CILSS, les pays sahéliens et ouest-africains sont confrontés à une combinaison de facteurs qui fragilisent durablement les productions agricoles. Sécheresses récurrentes, inondations, perturbation des saisons agricoles, dégradation des terres et baisse de la fertilité des sols affectent fortement les rendements.

A ces phénomènes s’ajoute la prolifération des ennemis des cultures, dont l’impact économique et social devient de plus en plus préoccupant.

« Les pertes agricoles imputables aux ravageurs et maladies des cultures atteignent entre 30 et 50 % selon les filières et les zones agroécologiques », a souligné le représentant du Secrétaire exécutif du CILSS.

Pour les seules céréales, les pertes annuelles sont estimées entre 2,5 et 3 millions de tonnes dans l’espace sahélien, compromettant les efforts de lutte contre l’insécurité alimentaire.

Renforcer les systèmes d’alerte et de surveillance

Face à cette situation, le CILSS a développé plusieurs outils d’aide à la décision et de veille précoce afin d’améliorer le suivi des menaces phytosanitaires. Le Centre régional AGRHYMET a notamment mis en place un système régional d’information et de suivi phytosanitaire destiné à renforcer la surveillance des nuisibles et à favoriser une réaction rapide des Etats.

Au Togo, le gouvernement a pris en compte les nuisibles dans l’analyse de vulnérabilité des producteurs, a expliqué Dr Yao Lombo, conseiller technique du ministre togolais en charge de l’agriculture. Il a précisé que le gouvernement apporte des appuis aux producteurs pour lutter contre les nuisibles.

Toutefois, malgré les progrès enregistrés, de nombreux défis subsistent.

Le manque de financement des dispositifs nationaux de surveillance demeure l’un des principaux obstacles à leur pleine opérationnalisation. Le CILSS a ainsi appelé les gouvernements à investir davantage dans la protection phytosanitaire afin de garantir une meilleure prévention des crises agricoles.

Faire le bilan et préparer les prochaines campagnes

Durant les travaux, les participants procéderont à l’évaluation de la campagne phytosanitaire 2025 et examineront les préparatifs de la campagne 2026. Ils feront également le point sur la mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente concertation régionale.

L’atelier servira aussi de cadre d’échanges sur les expériences nationales, les innovations et les bonnes pratiques en matière de prévention et de gestion des nuisibles des cultures.

Pour rappel, l’objectif est de renforcer la collaboration entre les Organisations nationales de protection des végétaux (ONPV) pour faire face aux menaces émergentes et aux ravageurs transfrontaliers qui ignorent les frontières administratives.

Anderson AKUE

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