Arrivé à son terme après un peu plus de six mois de mise en œuvre, le projet « Arbre à palabres » dresse un bilan globalement satisfaisant. Initié à partir des insuffisances relevées dans les rapports ITIE de 2021 à 2023 notamment sur les paiements infra-nationaux (exigence 4.6) et les dépenses sociales (exigence 6.1), il visait à améliorer la transparence et la redevabilité au niveau local. Pour le directeur exécutif de l’ONG ACOM, Pius Kossi Kougblénou, cette initiative marque une avancée importante. Il souligne que le projet a contribué à renforcer la veille citoyenne et le contrôle de l’action publique à la base, en rapprochant l’information des populations. Concrètement, « Arbre à palabres » a permis des progrès notables sur plusieurs axes. D’abord, les données ITIE, auparavant peu accessibles, ont été structurées et exploitées pour servir la redevabilité locale. Ensuite, un outil numérique opérationnel a été mis en place, facilitant l’accès et la compréhension de ces informations. Enfin, un cadre de dialogue multipartite a été instauré, favorisant l’inclusion et l’engagement citoyen. Le projet a également franchi une étape significative en matière de transparence environnementale et sociale. Il a permis d’ouvrir l’accès à des informations jusque-là peu diffusées, notamment celles relatives aux engagements des entreprises contenus dans les PGES, souvent considérés comme relevant de la sphère privée. L’obtention et la publication d’un rapport officiel de suivi de leur mise en œuvre constituent une avancée majeure. Dans l’ensemble, souligne M. Kougblénou, les résultats obtenus traduisent des changements tangibles : amélioration de l’accès à l’information, meilleure structuration des données et amorce d’un dialogue citoyen plus structuré. Le projet a notamment transformé des données complexes en contenus accessibles, visualisables et utilisables via un portail dédié. Il a aussi posé les bases d’une dynamique multipartite plus efficace, intégrant des considérations liées au genre, à l’inclusion sociale et à l’environnement. Toutefois, certains résultats attendus restent en cours de finalisation, notamment la soumission formelle des conclusions au Comité de pilotage (GMP) et l’alimentation complète du module relatif aux PGES/EIES. Malgré cela, les bases techniques, méthodologiques et partenariales sont désormais solidement établies. Le principal défi rencontré, rappelle le directeur exécutif d’ACOMB, concerne l’accès limité aux données sur les engagements environnementaux et sociaux des entreprises. Les documents tels que les rapports d’exécution, les conventions de suivi ou certains audits demeurent difficilement accessibles, car souvent jugés sensibles. A cela s’ajoutent la publication tardive du rapport ITIE 2023, l’élargissement du champ d’action du projet et l’implication inégale de certaines parties prenantes. Face à ces contraintes, le projet a adopté une approche flexible, avec la mise en place d’un portail fonctionnel de base, une collecte élargie auprès d’entreprises clés et une documentation rigoureuse des données manquantes. En perspective, plusieurs recommandations se dégagent : renforcer la divulgation proactive des informations environnementales et sociales par l’ITIE Togo, l’ANGE et les entreprises ; poursuivre le plaidoyer fondé sur des données probantes par les organisations de la société civile ; et soutenir, par les partenaires techniques et financiers, la consolidation des cadres de dialogue locaux, avec une attention particulière à l’inclusion des femmes et des jeunes, ainsi qu’à l’application de la Norme ITIE 2023 au niveau infranational. Andy Navigation de l’article Abidjan : vers une harmonisation des mécanismes de protection des Femmes Défenseures des Droits Humains en Afrique de l’Ouest