Photo de famille session COAHP à Lomé

Réunis à Lomé pour leur 6ème session ordinaire et leur 2ème session d’homologation, les experts des pays membres du Comité ouest-africain d’homologation des pesticides (COAHP) doivent franchir une nouvelle étape dans l’harmonisation des règles de gestion de ces produits. L’enjeu est de mieux protéger la santé des populations, les producteurs agricoles et l’environnement.

Le directeur de cabinet du ministère de l’agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire, Dr Konlani Dindiogue a procédé à l’ouverture officielle, ce mercredi 14 octobre 2026 à Lomé, de la 6ème session ordinaire et la 2ème session d’homologation du COAHP en présence des partenaires techniques et financiers.Cette rencontre régionale vise à faire avancer l’harmonisation régionale des procédures d’homologation et de gestion des pesticides en Afrique de l’Ouest, afin de renforcer la sécurité sanitaire, la protection de l’environnement et l’efficacité des contrôles dans les pays membres.

La gestion des pesticides reste un défi majeur pour les pays d’Afrique de l’Ouest. Si ces produits contribuent à lutter contre les ravageurs et à améliorer les rendements agricoles, leur mauvaise utilisation peut avoir de graves conséquences sur la santé humaine et l’environnement. Face à ces risques, l’harmonisation des règles d’homologation, de commercialisation et de contrôle apparaît comme une nécessité.

C’est dans cette perspective que les experts des Etats membres du Comité ouest-africain d’homologation des pesticides (COAHP) examineront notamment les outils d’évaluation des pesticides et les laboratoires concernés. Ils devront également examiner et valider les résultats des évaluations déjà réalisées afin de vérifier leur conformité aux exigences établies.

Les participants feront aussi le point sur les recommandations issues des sessions précédentes et évalueront leur niveau de mise en œuvre.

Pour Dr Raymonde Johnson, présidente du COAHP, cette rencontre doit permettre au comité de franchir une étape décisive. « De la première à la quatrième session ordinaire, aucune n’a permis d’atteindre l’objectif ultime pour lequel le COAHP a été créé, à savoir la tenue d’une session d’homologation des pesticides », a-t-elle regretté.

Elle a appelé les pays membres à renforcer leur engagement en faveur de l’harmonisation régionale des règles et des procédures de gestion des pesticides. Selon elle, les résultats attendus nécessitent une contribution effective de tous les Etats, ainsi que des efforts et des sacrifices de la part de chacun.

Un enjeu de santé publique et de protection de l’environnement

A l’ouverture des travaux, Dr Konlani Dindiongue, directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire, a rappelé les risques liés à l’utilisation incontrôlée des pesticides.

Ces produits sont de plus en plus utilisés dans les pays en développement, notamment pour lutter contre les ravageurs des cultures et améliorer les rendements agricoles. Ils servent également à combattre certains vecteurs de maladies, comme les moustiques responsables du paludisme.

Toutefois, leur utilisation sans précaution suffisante expose les populations à des risques sanitaires et entraîne des conséquences néfastes sur l’environnement.

« C’est l’Afrique qui utilise le moins de pesticides en volume en raison notamment de sa vulnérabilité. Cependant, c’est l’un des continents où ces produits toxiques font le plus de dégâts sur les populations et l’environnement, particulièrement en milieu rural », a souligné Dr Konlani Dindiongue.

Pour lui, cette situation justifie le renforcement des règles nationales et internationales qui encadrent la production, le commerce et l’utilisation des pesticides.

La lutte contre les produits non autorisés ou vendus sur les marchés parallèles constitue également une priorité. A cela s’ajoutent le coût et la lenteur des procédures d’homologation, les capacités parfois insuffisantes de contrôle et d’inspection, ainsi que l’exposition des producteurs qui ne disposent pas toujours de moyens de protection adaptés.

Ces difficultés appellent une action concertée des Etats et des institutions régionales afin de garantir une gestion plus responsable de ces produits.

Le COAHP, un instrument de coopération régionale

Mis en place grâce à la collaboration entre les institutions régionales, le COAHP a pour mission de contribuer à l’harmonisation des règles qui encadrent l’homologation et la gestion des pesticides en Afrique de l’Ouest.

L’objectif est de renforcer la cohérence des procédures entre les pays membres et de favoriser une meilleure coordination des décisions relatives à ces produits.

Cependant, depuis le lancement du comité en mars 2022 à Niamey, ses activités n’ont pas encore atteint le rythme attendu. Dr Konlani Dindiongue estime que les hésitations de certains pays membres pourraient expliquer, en partie, cette situation.

Il a néanmoins rappelé que la création du COAHP ne retire pas aux Etats leurs responsabilités nationales. Les activités menées avant et après l’homologation restent de leur ressort, à travers les structures nationales compétentes.

Chaque Etat membre est ainsi appelé à mettre en place son comité national de gestion des pesticides ou à rendre celui-ci pleinement opérationnel. Ces structures jouent un rôle essentiel dans la concertation, la coordination et le suivi de la gestion des pesticides au niveau national. Elles contribuent également aux activités de contrôle avant et après l’homologation dans le cadre régional.

Des résultats attendus pour toute la sous-région

La 6ème session ordinaire et la 2ème session d’homologation du COAHP représentent une occasion de faire avancer ce chantier régional. Les délégués des Etats membres sont invités à privilégier des échanges francs et constructifs, guidés par l’intérêt général de la sous-région.

Au-delà des discussions techniques, l’enjeu est de faire du COAHP un véritable outil d’appui aux activités d’inspection et de contrôle dans les différents pays.

L’harmonisation des règles doit permettre de mieux encadrer la circulation des pesticides, de renforcer les capacités des structures nationales et de lutter plus efficacement contre les produits illicites. Elle doit aussi contribuer à une meilleure protection des agriculteurs, des consommateurs et des ressources naturelles.

Pour atteindre ces objectifs, les Etats membres devront traduire leurs engagements en actions concrètes, notamment en renforçant leurs structures nationales et en appliquant les règles communes.

A Lomé, les travaux sont donc attendus sur un point essentiel : faire avancer l’homologation régionale des pesticides afin que la coopération entre les pays se traduise par des contrôles plus efficaces et une gestion plus sûre de ces produits en Afrique de l’Ouest.

Anderson AKUE

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