Le Directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGIEF), Dr Adam Youssoufou a procédé au lancement officiel du Projet d’appui à la résilience des populations et à la cohésion intercommunautaire dans les territoires transfrontaliers (PARCIT), ce lundi 9 février à Cotonou, la capitale du Bénin. Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Directeur des opérations Afrique de l’ONG Acting for Life (AFL), Cédric Touquet, du Chef de section de l’Union européenne au Bénin, Christian Rasmussen, ainsi que de plusieurs partenaires techniques locaux. Fiche projet PARCIT – Version finaleTélécharger Le PARCIT vise à répondre aux causes profondes de l’instabilité sécuritaire dans les zones frontalières du Bénin, du Togo et du Burkina Faso marquées par la progression persistante de l’extrémisme violent le long de la bande sahélo-guinéenne. Une menace sécuritaire en mutation Depuis 2012, la détérioration du contexte sécuritaire en Afrique de l’ouest s’est progressivement étendue du nord du Mali vers le centre du Sahel, avant d’atteindre les zones frontalières du Golfe de Guinée. La région transfrontalière reliant l’Atakora (Bénin), la région des Savanes (Togo) et le Centre-Est du Burkina Faso est aujourd’hui confrontée à l’implantation de groupes armés non étatiques (GANE), qui exploitent les fragilités économiques, sociales et institutionnelles locales. Ces groupes tirent notamment profit de la pauvreté structurelle et de l’enclavement des zones rurales ; de l’instrumentalisation des conflits liés à la gestion des ressources agropastorales ; de la faiblesse de la gouvernance territoriale et de la planification concertée. Autant de vulnérabilités que le projet PARCIT entend traiter de manière intégrée et durable. Une réponse axée sur la résilience et la prévention Financé par l’Union européenne à hauteur de 10 millions d’euros, le PARCIT s’étendra sur 42 mois, de décembre 2025 à juin 2029. Il est mis en œuvre par l’ONG Acting for Life, en partenariat avec des organisations locales dans les trois pays concernés : l’ACAD, l’UDOPER et l’ERAD au Bénin ; GEVAPAF au Togo ; et RECOPA au Burkina Faso. A la différence des approches strictement sécuritaires, le PARCIT privilégie une stratégie de prévention structurelle de l’extrémisme violent à travers le renforcement de la résilience des populations et la consolidation de la cohésion sociale. Dans son discours d’ouverture, Dr Adam Youssoufou a rappelé que les frontières ne doivent pas être perçues uniquement comme des lignes de séparation, mais comme des espaces de vie et d’opportunités : « Ce projet vise à renforcer les capacités des communautés locales à faire face aux chocs sécuritaires, à promouvoir le dialogue, la solidarité et la cohésion pacifique entre les communautés transfrontalières, tout en soutenant les initiatives locales de développement et d’inclusion sociale », a-t-il souligné. Quatre axes stratégiques d’intervention Le projet s’articule autour de quatre axes majeurs, dont trois domaines stratégiques prioritaires que sont l’agropastoralisme ; la formation et l’insertion professionnelle ; les systèmes alimentaires et la gestion des écosystèmes. Pour le Directeur des opérations Afrique à AFL, Cédric Touquet, l’approche territoriale adoptée repose sur une compréhension fine des dynamiques locales et transfrontalières. « Elle vise notamment le renforcement des filières agropastorales durables, l’insertion socio-économique de 595 jeunes vulnérables, l’appui aux collectivités locales dans la planification et la gestion concertée des territoires, ainsi que la mise en place de mécanismes de dialogue intercommunautaire et transfrontalier », a-t-il précisé. À terme, le projet ambitionne de toucher plus de 47 500 bénéficiaires directs et environ 1,6 million de bénéficiaires indirects, contribuant ainsi à réduire les facteurs de vulnérabilité exploités par les groupes extrémistes violents. Une nouvelle orientation stratégique Au-delà des chiffres, le lancement du PARCIT symbolise une évolution notable dans la réponse régionale à l’extrémisme violent : placer le développement local, la cohésion sociale et la gouvernance territoriale au cœur de la stratégie de stabilisation. En s’attaquant aux racines économiques et sociales de l’insécurité, le projet entend transformer les territoires frontaliers, souvent perçus comme des zones à risque, en espaces de résilience, de coopération et de stabilité durable. Anderson AKUE Navigation de l’article L’ONG Acomb présente le projet « Arbre à palabres » aux élus locaux de Yoto 1 et Vo 4