Du 8 au 12 décembre 2025, Lomé a accueilli le 9ème Congrès panafricain consacré au « renouveau du panafricanisme et au rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales« .

Au cœur des débats réunissant responsables politiques, intellectuels, ONG et acteurs de la société civile, s’est distingué Didier K. M. Okpodjou, leader du Mouvement Panafricain des Leaders (MPL). Porteur d’une vision forte, il a marqué les échanges par son engagement en faveur d’une Afrique unie, capable de mobiliser ses ressources et de se réinventer pour agir. Nous l’avons rencontré lors de ce congrès, où il s’est confié à travers un entretien exclusif

A travers un entretien exclusif, il a partagé sa conviction : le panafricanisme n’est pas seulement une idée, mais une force d’action pour bâtir une Afrique souveraine et influente.

  1. Vous avez représenté le Mouvement Panafricain des Leaders (MPL) au 9ᵉ Congrès panafricain de Lomé. Pouvez-vous nous présenter le MPL et nous dire quelle est sa vision ?

Le Mouvement Panafricain des Leaders, en abrégé (MPL) a été créé le 14 février 2017 à Dakar (Sénégal). Ce mouvement a été créé, par les Alumni du Centre Régional de Leadership de YALI Dakar, en février 2017 qui ont cru en l’unité, l’émancipation et au développement du continent africain.

C’était plus de 200 jeunes leaders africains issus de 16 pays du continent qui se sont rassemblés pour initier ce mouvement, lors de l’exécution du programme phare du Young African Leaders Initiative (YALI) du Gouvernement américain. A leur volonté de maintenir cette chaleur africaine à travers une organisation formelle, s’est ajoutée l’ambition de mobiliser toute la jeunesse africaine en vue de la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ; d’où la naissance du Mouvement Panafricain des Leaders (MPL) aujourd’hui présent dans 47 pays d’Afrique et dans la diaspora. Je préside personnellement la branche togolaise en même temps que je suis le Secrétaire Général Adjoint du Bureau Afrique.

Au-delà de sa vision sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation des africains, Le MPL est un mouvement qui vise à unifier les africains du continent et de la diaspora en une communauté africaine globale en organisant chaque année depuis sa création la jeunesse et la diaspora africaine dans une ville africaine pour échanger autour d’the thématique d’intérêt commun.

  • Ce 9ᵉ Congrès se tient un peu plus d’un siècle après le premier, Quelle évolution ou quelle progression peut-on observer sur cette longue période ?

La pensée panafricaniste a survécu. C’est la réponse la plus honnête que je peux vous donner. Sinon, en termes de progressions, je crois que personne n’est allé au delà de mots et des discours. Mais je crois que chacun a pris conscience de la situation telle que le témoigne la réussite du 9è congrès à travers la volonté de tous les acteurs de transformer les vertus du panafricanisme en actes concrets. Nous parlons aujourd’hui de panafricanisme moderne caractérisé par une votre volonté d’agir de façon méthodique et intelligente.

  • Que retenez-vous principalement de ce 9ᵉ Congrès panafricain ? S’agit-il d’un congrès de plus ou d’un véritable tournant pour le panafricanisme ?

Il faut d’abord saluer la tenue et la réussite de ce 9è Congrès à Lomé est une illustration de la vision panafricaniste de S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil de la République Togolaise. L’engagement de nos autorités est fondamental dans cette marche panafricaniste.

Ensuite, très objectivement je trouve que ce congrès engage une nouvelle ère de l’histoire du panafricanisme. La diversité des acteurs, la pertinence du thème, l’engagement des parties et la qualité des travaux, garantissent un minimum d’actions au lendemain du congrès.

Enfin, pour avoir eu l’occasion de m’entretenir avec la délégation de la jeunesse panafricaine présente au Congrès, j’ai senti davantage la nécessité d’agir ensemble non seulement en tant que force de propositions mais surtout d’actions en commençant par le minimum qu’on puisse faire pour sortir notre génération de la précarité à l’échelle du continent.

  • En tant qu’organisation de la jeunesse panafricaine, quelle est la place faite à la jeunesse dans cette idéologie ?

Le Président du Conseil, S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE n’a pas manqué lors de l’ouverture du 9ème Congrès Panafricain de Lomé, le 8 décembre passé, de resituer la place de la jeunesse dans le renouveau auquel nous aspirons en ces termes : ‘’Notre jeunesse est notre plus grand atout stratégique. Elle porte l’innovation, le numérique, la culture, l’économie créative, les luttes sociales. Elle est prête, si nous savons lui faire confiance.’’

Ces propos résument parfaitement la place faite à la jeunesse. Il nous revient en tant que jeunes, d’éviter de commettre les mêmes erreurs que nos ainés en nous inscrivant dans la théorie panafricaniste. Il est temps de passer de cette idéologie abstraite à des initiatives pragmatiques capables de changer le quotidien des africaines où qu’ils se trouvent sur la planète terre. Tout le monde attend de la jeunesse, et si nous ne le faisons pas, nous serons demain la génération qui n’aura aucune fierté à légué à nos descendants.

Nous l’avons si bien compris au MPL ; c’est pour cela que tous nos Forums sont sanctionnés par des propositions de projets que chaque fédération peut implémenter à son niveau avec des partenaires locaux. Au Togo par exemple, nous avons initié un projet de formation de 200 jeunes en Intelligence Artificielle, un projet d’octroie de bourses d’études aux nouveaux bacheliers (nous avons pu assister une cinquantaine de bacheliers avec des bourse d’une valeur totale de 30 millions de Francs CFA). En plus de participer de façon régulière aux activités de salubrités publiques.

  • Lors de la présentation du MPL, vous avez évoqué l’organisation du Forum Panafricain des Leaders, qui se tient chaque année depuis 2017. De quoi s’agit-il concrètement et quelles en sont les principales retombées ?

L’organisation du Forum Panafricain des Leaders qui sera à sa huitième édition en 2026 au Togo, s’inscrit dans les traditions du Mouvement Panafricain des Leaders depuis sa création en 2017. Il s’agit du plus grand rendez-vous de la jeunesse et de la diaspora africaine ainsi que des afrodescendants pour réfléchir, échanger et partager des avis sur des questions d’intérêt général dans un et ultime but d’unir et développer l’Afrique par les Africains et pour les Africains.

Les précédentes éditions se sont déroulées respectivement en Guinée (2017), au Sénégal (2018), en Mauritanie (2019), en Guinée-Bissau (2022), au Comores (2023), au Sénégal (2024) et à Madagascar en 2025, tenue en ligne en raison de la crise malgache.

A Lomé en 2026, nous discuterons du thème ; ‘’Entrepreneuriat et transformation numérique : quelle stratégie pour la jeunesse africaine ?’’

En termes de retombées, en dehors de la mobilité des jeunes et du renforcement du réseau des jeunes panafricanistes, nous pouvons dire que les Forums sont des cadres d’initiatives communes qui sont définies à la fin des travaux et que chaque fédération est chargée de mettre en œuvre au niveau de son pays.

  • Pour conclure, quelle est selon vous l’approche requise aujourd’hui pour un panafricanisme d’impact ?

Pour un panafricanisme d’impact, il faut une approche gagnante. Et je dirai que l’approche gagnante est contenue dans le thème du 9è Congrès : ‘’Agir’’. Que chacun joue son rôle et bien. Les gouvernants ont pris l’engagement de relever les défis, la jeunesse doit faire preuve de pugnacité afin de rendre possible l’Afrique que nous méritons.

C’est à cela que se prêteront les participants au 8ème Forum Panafricain des Leaders en définissant une stratégie à mettre en œuvre dès le lendemain du Forum.

Agir, c’est donc prendre des initiatives capables de résoudre nos maux (Le chômage, le sous- emploi, la malnutrition, la sous- alimentation, la fracture numérique, inadéquation emploi- formation, l’immigration clandestine, etc… )

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